jeudi 10 décembre 2015

Les intéressants / Meg Wolitzer – Ed. Rue Fromentin, 2015.



Les années 1970, Julie, âgée de seize ans, passe une partie de son été dans une colonie de vacances à Spirit-in-the-wood. Elle rencontre cinq autres autres adolescents qui y viennent régulièrement et qui sont tous "quelqu'un". A côté d'eux, Julie est une fille banale issue de la classe moyenne dont le père est est décédé il y a quelque mois. Mais les autres l'acceptent et la voici rebaptisée Jules, les six adolescents se surnomment "les intéressants" persuadés que l'avenir fera d'eux des personnes singulières. Et si on se promet de rester amis toute la vie, à la fin du camp Jules pense que tout le monde l'oubliera. Mais Ash l'appelle très souvent et elle a des nouvelles régulièrement d'Ethan.
Pendant près de quarante ans, à travers le regard de Jules non seulement on suit la vie de chacun mais aussi l'évolution de la société américaine.

Roman au texte difficile, mais on se prend au jeu, surtout pour l’humour qui y transparait.
Je n’ai pas pu le finir.

jeudi 3 décembre 2015

Toutes nos mères / Marguerita Giacobino. – Stock, 2015.





Nous sommes en Italie au début du XXe siècle, dans une bourgade du Canavese, une région du Piémont aux frontières incertaines.
Les vies des femmes qui composent la lignée de l'auteure sont le reflet d'une transformation économique, sociale et culturelle. À commencer par Ninin, sa grand-mère, au palais déformé par le pis de vache qu'elle a tété enfant, mais une des premières à partir travailler en ville. Le récit est à la limite un documentaire, presque personnel, sensible. 

L'environnement de ces femmes prend vie par de menus détails : la texture de la polenta sous la dent, l'odeur de la crème à baratter, la forme d'une robe en sablier qui fait se retourner les hommes. Les mots de l’auteure sont d'une infinie tendresse pour celles qu'on a si peu regardées et écoutées.

4/5 
Emmanuelle Liégey, lectrice

jeudi 26 novembre 2015

Les Italiens / Enrico Pandiani – Télémaque, 2015.




L'histoire se passe à Paris, quai des Orfèvres où un sniper bute la moitié d'une brigade de flics, dont la majorités sont italiens. le chef de l'équipe (français lui) manque de très peu de se prendre une cartouche. Les flics tentent de rattraper le tueur mais en vain. Fin de journée éprouvante pour tout le monde.
 
Le lecteur est directement mis dans l'action. Ça déménage. On ne souffle pas une seconde... et on tourne les pages sans s'en rendre compte. 
Je me suis laissé surprendre agréablement. le ton est léger malgré tout, un humour qui fonctionne plutôt bien. Certaines ficelles sont grosses, mais l'intrigue fonctionne bien.  J'ai passé un très bon moment de lecture. Très bon policier pour l’été !

5/5 
Emmanuelle Liégey, lectrice

jeudi 19 novembre 2015

Le Livre de toutes les réponses sauf une / Manon Fargetton - Rageot poche, 2015




Bérénice Lamort, Pandora Hurlevent, Lazare.

3 collégiens dans une même classe, 3 noms difficiles à porter, une amitié naissante au premier jour.

Jusqu'à la découverte du Livre, leur relation est parfaite. 

Après, toutes les questions remisées au fond des mémoires surgissent, pour le pire.

Mais de ces questions existentielles, de ce mal-être profondément enfoui, peut-on tirer du bien ?

C'est ce que tentera Bérénice : permettre à ses amis de s'assumer et de trouver leur voie.



Un joli roman plein d'amitiés, de poésie, de drame et de force retrouvée. Merci à Manon Fargetton pour sa constance à écrire de belles histoires, des personnages puissants.

jeudi 5 novembre 2015

Enterrez vos morts / Louise Penny. – Actes Sud, 2015.


Sixième enquête de l'inspecteur chef Armand Gamache.
Cette histoire se passe, comme les précédentes, au Québec, à notre époque.
Armand Gamache est en arrêt maladie après une opération de police qui s'est très mal passée, et c'est un peu par hasard qu'il va se retrouver confronté à un décès suspect. En tant que simple consultant, il va donner son avis aux policiers chargés de résoudre ce crime, qui nous plonge dans l'Histoire du Québec et de ses fondateurs.

Il y a trois histoires dans ce roman : la première  enquête sur le meurtre, d'un archéologue amateur qui cherchait la tombe de Champlain; pendant ce temps, l'inspecteur J.-G. Beauvoir reprend l'enquête racontée dans "Révélation brutale", pour voir si A. Gamache ne se serait pas trompé de coupable; finalement, en flash-back, A. Gamache et J.-G. Beauvoir nous racontent l'histoire d'une opération qui a mal tourné, qui a causé des morts, qui a physiquement et mentalement atteint les deux principaux personnages de ce roman. Très bien !

4/5 Emmanuelle Liégey, lectrice

jeudi 29 octobre 2015

Sans pitié ni remords / Nicolas Lebel - Marabout, 2015

 

Un petit homme, stressé, au téléphone, un laser rouge sur la poitrine. 


Le commissaire Merlicht enterre son vieil ami Morel, mort des suites d'un cancer. Il compte ensuite rejoindre Mado dans le sud. Il doit d'abord se rendre chez le notaire qui l'attend. Un autre commissaire est là : il demande l'autorisation de rester. Outre un testament carabiné désignant Merlicht comme seul légataire, Morel lui laisse... un diamant brut ! Celui-ci est "tombé" d'une statuette ancienne disparue. Commence un enquête de 48h pendant laquelle le commissaire cherche à devancer un duo de tueurs en série, retrouver la statue et conserver l'honneur de son ami disparu.


Intéressant et palpitant malgré de nombreux clichés, et même si j'ai souvent eu envie de taper sur Merlicht, plus que sur Cuvier... J'ai laissé traîner la première partie une semaine, mais ai lu les 2/3 restants en une nuit !

Gratis / Félicité Herzog – Gallimard, 2015.


A la fin du 20ème siècle, Ali Tarac interrompt brutalement de brillantes études à Paris pour tenter comme beaucoup de jeunes aux dents longues l’aventure professionnelle. Sa start-up devient un empire géant. Mais dès le début du nouveau siècle, il perd tout. Livré aux opprobres et aux règlements de compte, plutôt que de se battre, il opte pour un apparent retrait. Mais, sur l’île de Jersey, il construit sa « Transition » : start-up qui se présente comme sorte d’alibi à la condition humaine. Une invention « à la croisée d’Internet et d’Orwell ».

L'auteur décortique avec précision les ressorts du monde économique. La narration est menée de main de maître, et non sans une pointe d'humour, parfois caustique et grinçant. Mais surtout, ce qui démontre le véritable talent de l’auteur, ce sont les descriptions des personnages au début du roman. Elles sont tout en finesse, et en même temps, d'une précision extrême, le tout dans une langue plaisante à lire.
Une vision apocalyptique de l'économie de demain, voire d'aujourd’hui.


4/5 Emmanuelle Liégey, lectrice

jeudi 22 octobre 2015

Les gens dans l’enveloppe / Isabelle Monnin & Alex Beaupain - Editions JC Lattès, 2015




Un livre émouvant, poétique, nostalgique, qui se lit, qui s’écoute, qui fait venir les larmes aux yeux.
Quatre parties.
Le roman :
Celui de trois femmes victimes et capables d’abandon. Laurence, la petite fille au pull rayé abandonnée par sa mère. Michelle, la mère étouffée dans sa vie de famille et son quotidien s’abandonne à la vie et l’amour. Simone, la grand-mère s’abandonnant à la mort.
Des photos dans une enveloppe.
Un disque dans l’enveloppe :
Directement inspiré du roman, chantant les personnages du roman, composé et interprété par Alex Beaupain, avec les voix de Camilia Jordana, Clotilde Hesme, Françoise Fabian et les vrais gens dans l’enveloppe. Dix chansons très belles pleines d’émotion et de délicatesse.

En 2012, Isabelle Monnin, journaliste, achète pour 10 euros sur un site de brocante, une enveloppe de 250 photos d’une famille anonyme.
Page 181 de son livre Isabelle Monnin écrit :
« Je dois raconter les gens dans l’enveloppe, les raconter autant que l’on peut. Je sais faire deux choses: inventer des histoires et enquêter. Romancière, journaliste, deux vies. Mes amis, imaginaires personnages, entendre leur voix; je sais retrouver des gens et les écouter. Dans l’enveloppe, il y a tout de suite deux livres, un roman, une enquête. Pour éviter tout parasite, il faudra s’interdire de commencer l’enquête avant d’avoir écrit la fiction et il sera impossible de modifier l’intrigue du roman une fois l’enquête achevée. C’est comme ça, un pacte entre les gens de l’enveloppe, l’idée et moi. »