jeudi 26 mai 2016

L’atelier des poisons / Sylvie Gibert – Plon, 2016.





Paris, 1880. La jeune Zélie n’est pas très à l’aise lorsque le commissaire Alexandre d’Arbourg lui commande un portrait de sa filleule tout en l’enjoignant de jeter un œil sur la maisonnée de son cousin, que quelqu’un a tenté d’empoisonner. Elle exigera de lui qu’il retrouve l’enfant de Rosalie, la nourrice dont elle fait le portrait.

L’auteure immerge son lecteur dans un Paris artistique et sexiste, minutieusement reconstitué. On traverse, ainsi, le quotidien des femmes peintres de l’académie Julian. L’auteur détaille la façon dont les femmes peintres étaient déconsidérées, ainsi que les rouages du Salon, qui ne mettait en valeur que les œuvres figuratives signées par des hommes et dépréciait grandement les nouveautés, comme les toiles impressionnistes – ou les peintures réalisées par des femmes. L’intrigue nous fait également découvrir le quotidien d’une famille bourgeoise et, surtout, quelques aspects des bas-fonds et autres quartiers des masses laborieuses.

Tous les mystères s’entrecroisent et constituent une toile solide : si l’enquête ne prend jamais le pas sur la toile historique, elle entretient habilement le suspens.

C’est donc un roman historique et policier comme on aimerait en lire plus ; regorgeant de suspens, il laisse pourtant la part belle à l’ambiance historique, avec un luxe de détails dans le Paris du 19ème siècle.


5/5 
Emmanuelle Liégey, lectrice

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